lis tes ratures

17 octobre 2020

Tchao tchao

Lettre à mon cousin décédé le 12 octobre 2020

Voilà c'est fini ! Te voilà parti rejoindre ta maman. Récemment tu l'avais vue en rêve et tu m'avais dit "elle vient me chercher !". Depuis 2012, dans tes moments de désespoir tu répétais que tu aurais préféré partir comme elle, brutalement.

Ces huit dernières années tu es passé par toutes les couleurs des émotions.

Le rouge surtout. En colère contre la vie qui t'avait joué des sales tours : ta mère  partie trop tôt, cet AVC à 49 ans, une vie de famille qui explose, un cancer...Tous ces repères familiaux et amicaux remplacés par des repères médicaux.

 En colère de devoir renoncer à tout ce que tu aimais. En colère contre ce handicap majeur et cette dépendance qui en a découlé. En colère !...Et cette  peur de l'abandon qui te tenaillait parfois. Et le stress et l'angoisse quand tu sentais que tu ne maîtrisais plus les choses, que tu perdais tes repères et la mémoire. Tes réactions tantôt déroutantes et tes paroles injustes parties visibles d'une souffrance incommensurable. Une douleur psychique ajoutée à la douleur physique.  La double peine !

Parfois le rouge devenait rose lorsque tu te rappelais ta jeunesse. Tu te disais qu'heureusement tu avais eu le temps de profiter de la vie. Les bons souvenirs t'aidaient à faire le deuil de cette époque révolue. Les premières années tu te disais aussi que l'AVC n'avait endommagé ni ta mémoire ni ton langage. Tu lisais beaucoup et la littérature policière c'était une ouverture, une évasion.

Mais  le bleu de la tristesse refaisait surface parfois. Tristesse de l'isolement et de la solitude. Tes pleurs de n'être plus que l'ombre de toi même. Et malgré tout, les petites blagounettes et les jeux de mots . ..La politesse du désespoir.

Un peu de jaune quand même . ..Tous ces petits soleils qui te réchauffaient le coeur : un coup de fil de quelqu'un ou quelqu'une qui prenait de tes nouvelles, une visite, les soins prodigués par cette belle équipe qui t'accompagnait à domicile au quotidien, l'aide et les conseils de ton médecin traitant, la kiné, le petit café au bar de Lopheret, les parties de pétanque du samedi, nos longues conversations, les parties de qwirckle, les petites virées et les restaus... Il fallait voir ton excitation et ta joie quand on allait au restaurant ou qu'on s'installait à la terrasse d'un café. Ressurgissait alors un souvenir de vie normale dans tout ton quotidien anormal. Notre dernier souvenir avec Mathis fin août, petite virée au port de Brest.... Tu semblais apaisé, presque heureux. Tu avais retrouvé,  le temps d'un repas, l'appétit de vivre.

Petit cousin, c'en est fini de la souffrance, de la solitude,  du désespoir. Cette année sera marquée d'une pierre blanche. Une année bizarre que 2020...un virus auquel tu auras échappé mais un vilain crabe qui t'aura fait chuter. Comme tu disais au printemps dernier "moi le confinement ça ne change rien à ma vie...Je suis déjà confiné depuis 2012 !". Le cancer tu l'appelais "le crabe" et l'annonce il y a quelques semaines seulement de l'arrêt des soins t'a assommé. Ce fut, depuis, Hiroshima dans ta tête  au propre comme au figuré. Tu as beaucoup pleuré. Tu as voulu dire au revoir.

Mais te voilà libre enfin, plus d'entraves, libéré pour toujours.  Tu vas pouvoir à nouveau voyager et, poussière, rejoindre ton étoile. Vogue la galère !

Me resteront les souvenirs de nos années d'enfance et nos grandes  vacances à Jersey et ceux de ces huit dernières années et quelques autres entre les deux.

Au revoir Philippe. Au revoir petit cousin.

Bye Philippe. See you later ! Et comme tu disais...Tchao tchao ! 

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10 octobre 2020

Pierre J.....Je me souviens

Je me souviens de rien ! rien ne me vient à l'esprit !

Je me souviens que quand on était jeunes, on gardait les vaches, tout le temps les vaches. On rentrait de l'école, tout le temps les vaches. Y avait pas de clôture électrique.

Je me souviens qu'on allait à l'école à pied. On habitait à côté de Chartres et on allait à Noyal.

Je me souviens que le catéchisme c'était le dimanche après-midi et après-...les vêpres. Je te dis pas comme on rigolait !

Je me souviens...quelques uns ne voulaient pas rester aux vêpres. Alors, le prêtre pour qu'on reste, il enfilait sa grande robe devant nous et il envoyait un choriste chercher sa robe.

Je me souviens du gars qui disait les publications après les vêpres. Il disait les principaux trucs qui s'étaient passés dans la semaine, devant l'église. Il y avait Auguste et puis Emile.

Je me souviens que j'allais à la messe tous les dimanches...enfin y avait les p'tites chapelles. Si tu trouvais un copain, t'allais chez Marguerite.

Je me souviens mon père m'disait "Vaut mieux qu't'aille faire le con au bistrot qu'à l'église !".

Je me souviens les histoires qu'on racontait sur les galeries pour récupérer la chaux. On disait qu'il y en avait une qui partait de Pontan et qui allait jusque sous l'église d'Orgères.

Je me souviens du père...qui labourait son champ et son cheval est tombé dans un trou de galerie. Le taureau qui était derrière s'est reculé. Le cheval est resté là dans le trou.

Je me souviens, une autre fois, l'attelage ne voulait plus avancer...c'est parce qu'un trou avait commencé à se former et les animaux sentaient le danger.

Je me souviens quand tu sortais de l'école, Vincent, tu montais dans le car et tu faisais un bras d'honneur au garde champêtre.

Je me souviens que je n'aimais pas les bonnes soeurs, à part Soeur Paule qui était gentille. Les autres disaient "toi, toi, toi, toi..." en s'adressant aux garçons et les filles, elles les appelaient par leurs prénoms. Je suis allergique aux bonnes soeurs.

Je me souviens aussi de la mère Le Seiche qui nous frottait les oreilles par derrière quand on faisait des conneries.

Je me souviens au catéchisme, un copain m'avait projeté sur le mur de l'église. je saignais de la tête. C'est la première fois que la bonne soeur m'a appelé par mon prénom.

Je me souviens de mon premier bisou...sur un banc et sur la joue.

Je me souviens qu'on faisait exprès de marcher en dehors des passages piétons devant le garde champêtre.

Je me souviens d'un voisin qui avait fini toute sa maison, les carreleurs arrivent un jour pour poser le carrelage et y avait un grand trou au milieu de la maison. encore les galeries !

Je me souviens, pendant la guerre, on moulait le blé avec le moulin à café pour faire de la farine. Si on voulait faire de la bonne blanquette ou de la la bonne farine, on passait deux ou trois fois.

Je me souviens quand on était jeunes, on allait au bal le dimanche après-midi à vélo. Il y avait des bals, à Bruz, à Chartres, à Bablouse, au Pigeon Blanc, et le deuxième dimanche de septembre à Châtillon.

Je me souviens, l'hiver y avait la fête de la classe. Autremement, tu allais au cinéma à Rennes ou au bal à Pont-Réan, au bord de la vilaine "Au fil de l'eau" entre Guichen et Laillé.

Je me souviens des patates qu'on faisait cuire avec de l'orge. ça donnait un bon goût aux pommes de terre. Après, on les ortait de la marmite et on mettait une nois de beurre.

Je me souviens des phrases qu'on disait, enfant "La bourse ou la vie, la canne ou le parapluie" "Haut les mains, peau de lapin, d'la saucisse ou du boudin" "Haut les mains, peau d'lapin, la maîtresse en maillot de bain".

Je me souviens du père Trottoux qui était très dur parce qu'il avait fait la guerre 14-18 et il avait eu une perforation de l'intestin.

Je me souviens, pendant la guerre, il y avait des réfugiés de Rennes qui logeaient dans les fermes, un peu partout.

Je me souviens d'un bombardement allemand d'un train de réfugiés qui était en gare près d'un trains de munitions. C'était en 40. On a retrouvé des semelles de chaussures et des planches de wagon à 5 kms à vol d'oiseau.

Je me souviens, y avait une charette avec des réfugiés du nord de la France. Le père Evrard avait une fille de 17 ans avec qui j'ai correspondu longtemps. La mère n'avait pas voulu quitter sa maison à Fellerie parce qu'elle était sourde et elle n'entendait pas les bombardements. C'est à cause de la fille que le père est parti. Ils étaient descendus à cause des boches. Ils ont mis trois semaines pour arriver ici. Et quand ils sont arrivés, les boches étaient là aussi !

Je me souviens, à l'école, on jouait aux gendarmes et au voleur, à l'épervier, aux billes, à la corde, à la marelle.

Je me souviens, à l'école, c'était boulot, boulot ! tu pouvais être rendu à 6h du matin, l'instituteur était là. Tu révisais tes leçons. t'avais pas intérêt à arriver à 8h1/4 parce qu'autrement, il était toute la journée après toi !

Je me souviens, on sortait à midi, à l'angélus. On mangeait sous le préau ou chez Galesne, le boulanger. On était 5 ou 6.

Je me souviens, on mangeait froid. Tu portais du pains, du beurre et un bout de poulet. Galesne fournissait la soupe et la bolée de cidre. On mangeait dans le café (là où est le bijoutier maintenant).

Je me souviens, le soir, on sortait à 18 heures, à l'angélus. C'était pour tout le monde pareil.

Je me souviens que j'ai été servi. je me suis pas fait baisé beaucoup de fois. J'étais un an plus jeune que ceux de ma classe et je pleurais...je pleurais.

- Va dehors ! m'a dit le père Trottoux

Je pleurais, je pleurais encore comme une madeleine.

- Va dans le bas des marches !

ça m'a tellement travaillé et ça m'a tellement refroidi que j'ai plus pleuré après. Enfin, ça t'endurcit !

Ben dis donc Tonton...pour quelqu'un qui ne se souvient de rien et qui n'a rien à dire !

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Le poète ferrailleur

Tout petit déjà, il collectionnait tous les bouts de ferraille, les morceaux de métal, les capsules de bouteille qu'il trouvait de ci de là. Il était toujours à l'affût de l'écrou qui tombait, de la boîte de sardines vide, du fer à cheval rouillé égaré dans l'atelier de son grand-père.. Pendant des années, il avait empli des boîtes de toutes ces petites choses, qu'il rangeait dans son dortoir capharnaüm. Puis ses collections avaient grandi avec lui. "l'appétit vient en mangeant ! " disait sa mère qui commençait à se désespérer de voir son garage, puis le cellier, puis le hangar se remplir doucement mais sûrement d'objets ou de morceaux d'objets hétéroclites, neufs ou usagés. Jamais, il ne les touchait une fois que leur place avait été déterminée. Parfois, on le surprenait à parler tout seul et à évoquer à l'objet lui-même tout le bonheur qu'il devait éprouver à se retrouver là plutôt que de rouiller, seul, dans son coin.

"Tiens !...voilà le poète ferrailleur ! Il en passe du temps à fouiner, toujours le regard à l'affût avec sa poussette d'enfant !

- C'est un métier, la ferraille ?

- Parfois mais m'est avis qu'à Albert, ça lui rapporte pas grand-chose. A  ma connaissance, il n'en fait rien. En tout cas pas de commerce. Vous êtes du coin ?

- Non, de passage. Je dois démanteler le gang des boulons dont la piste m'a conduit ici.

- ah ! C'est vrai qu'à l'automne dernier, on a retrouvé des milliers de boulons sur le chemin de halage et on s'est demandés comment que ça avait pu arriver là ? Vous pensez que ça pourrait être not' poète qui aurait quelque chose à voir là-dedans ?

- Avant d'arriver ici, je ne savais même pas qu'il existait votre poète ferrailleur !

L'inspecteur Laloupiotte reposa son verre de pastis sur le comptoir et regarda passer, poussant un landau noir et blanc, un grand échalas vêtu d'un imperméable miteux.

Il observa les sabots de bois que portait le ferrailleur. Ils étaient emplis de paille. On pouvait distinguer des chaussettes de grosse laine marron. 

Etrange ce bonhomme d'un autre temps. A l'heure des smartphones, il faisait figure d'extra-terrestre.

....

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petit jeu avec les mots : chaise, clef, soleil, vendue, piano, commerce, photo

Il prit la dernière chaise, celle qui avait servi à décrocher les tentures, nettoyer les fenêtres et autres servitudes. Il la sortit de l'immense pièce, désormais vide. Il avait glissé sa main droite dans la poche de sa veste barbour. Il y tourna et retourna la clef de la porte d'entrée, en sentit les contours comme pour mieux en conserver le souvenir tout en admirait le spectacle du  soleil qui déclinait sur le joli jardin anglais. La journée avait été éprouvante, pleine d'émotions.  Avant de refermer la porte du camion, , il vérifia que la feutrine recouvrait parfaitement le piano droit. Le regard perdu, sans expression, il pivota sur sa gauche et son attention se fixa sur la façade qui revevrait bientôt l'enseigne d'un commerce. Il sortit son portable de sa poche droite et prit une dernière photo. Puis, il se dirigea vers la porte de bois noir brillant de l'entrée de la maison, la ferma à clef et sans même se retourner, monta dans la cabine et démarra.Vingt années de vie, une maison vendue et un chapitre clos.

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Réclamation

Madame Foldingue

Rue des Haricots Rouges

56800 AUGAN

 

 

Objet : Réclamation à Dame Nature

 

 Chère Madame,

Je viens par la présente exprimer mon courroux. Je tâcherai de contenir ma colère ; toutefois, sans évolution de la situation, vous avez tout à craindre de ses manifestations éventuelles !

Je suis mère et cordon bleu (sans exagération) ; Cependant, force est de constater que la ténacité dont vous faites preuve dans le choix obstiné de la couleur verte pour un grand nombre de légumes est proprement hallucinant !

Du haricot au petit pois en passant par le poireau, la salade ou le concombre...du vert, du vert, toujours du vert !

Moi, je veux bien leur donner autre chose que des frites et des nouilles au beurre mais faites un effort de votre côté ! Ne pouvez-vous faire preuve d'imagination, sortir des sentiers battus ? Vous avez prouvé que vous en êtes capables avec les tomates et les carottes ! Gardez  le vert si vous voulez mais en alternance avec du violet, du rose ou du jaune...enfin, des couleurs dont les enfants raffolent !

Un poireau rose, ça aurait de l'allure ! des haricots multicolores...quelle classe ! de la salade violette...avouez que ce serait chouette ! Et les choux de Bruxelles jaunes citron, que diriez-vous des choux de Bruxelles jaune citron ! Tout ce qu'ils réchignent à seulement goûter deviendrait alors alléchant, tentant, appétissant ! Rigolo !

Ce n'est pas vous qui subissez les attaques perpétuelles des médecins et autres nutritionnistes d'un côté qui vous serinent que les enfants doivent manger de tout. Comme si nous n'en étions pas convaincus. Ce n'est pas vous qui vous mettez à table avec les enfants et qui devez faire avec les jérémiades et autres moues dubitatives et dédaigneuses  !

J'espère, chère Madame, que ce courrier retiendra toute votre attention. je compte sur votre ingéniositéet votre grande générosité et je vous maintiens ma confiance en attendant mieux.

Naturellement vôtre.

Madame Foldingue

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06 septembre 2020

Stefan Zweig ...suite

15993782853219141842934500853513J'ai réussi à trouver "Le joueur d'échecs". Un brillant joueur d'échecs qui par ailleurs est un rustre sans conversation...et face à lui...l'amour-propre pathologiquement exacerbé et l'envie d'en découdre ! Mais pas que...Stefan Zweig aime qu'un de ses personnages se livre ou se délivre...va savoir ! Passionnant cette écriture qui traite avec autant de finesse la psychologie humaine. 

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Le bébé bonbon Claude Ponti

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 De même que pour la littérature classique, quand j'ai envie de connaître un auteur d'albums  j'aime le faire à travers la multiplicité de son oeuvre...Claude Ponti n'y échappe pas. On redevient un enfant en lisant ses albums ; on retrouve notre âme d'enfant car c'est plein de surprises et on retrouve le goût de l'étonnement si tant est qu'on l'avait perdu ! 

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Claude Ponti

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 Jules est un Zerte...et il vit sur l'île des Zertes...le ton est donné. Tout est à l'avenant ! Le Martabaffe, les trous, Jules amoureux d'une brique...se laisser porter et savourer...Claude Ponti nous aide à décrocher ! Un régal ! A consommer sans modération malgré tout !

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05 septembre 2020

Une semaine..pour se faire des souvenirs

Petite  bouille  de fripouille
Ne reste sur la vitre du salon que la trace
De tes petites mains

Dans la maison résonne encore

 Le son de ta voix qui insiste...

"Ayète ayète", le R en panne pafois parfois
Et ce murmure, l'index posé sur tes lèvres
"Faut pas dire c'est un sequet"
L'air mutin et sans appel quand tu réponds à la question
"Tu as deux ans ?"
"Deuzan ėmi pas deuzan"
Je te revois devant la glace,
Coquette choupinette
"Est-ce que je suis Jolie ?"
La jupe virevoltante, l'allure pimpante
Les lunettes et la casquette, te voilà prête !
Le parc, le marché, les balades,
Le pique-nique plein de chips, la baignade
On s'amuse bien !
Paul et Anna et toi Bėty, blottis, lovés
Mascha Michka dans la télé
Moments de calme et de quiétude
Dans ces journées tourbillonnantes
 Ton petit lit est replié
mais reste l'image de tes doudous
Autour de toi très attentifs
Parmi les livres, les albums

Et celle de ton petit doigt qui glisse 
"Et ça c'est quelle couleur ? Et mon lapin ? Et le plaid? Et la tortue c'est quelle couleur ?
Pouet pouet la galette moi j'aime bien patpatouille"
A l'heure du repas, ta chaise libre
Vibre encore de tes bons mots
"J'aime bien le saucisson à l'oeil et la poncote et la bacane...
Hugh....j'ai le choquet dans la bouche"
Petite sorcière bien aimée
Ton petit nez plissé, ton sourire malicieux
Tes petits bras enserrent une jambe ou bien le cou
Et tu sussurres entre les bisous qui s'envolent
"Je suis contente de te voir"
Une semaine en passant pour se faire des souvenirs

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04 septembre 2020

Trop contente...un petit soleil !....voilà le texte qui sera publié.

La vie s'est ralentie , arrêt brusque sur image

Trajectoires  suspendues, des animaux en cage

Interdit de sortir et sommé d'être sage

Le regard dans le vide, total décalage

Le temps passe et repasse

Se lever, s'habiller et aussi faire comme si

comme si de rien n'était

Comme si c'était normal

Comme si t'avais rien vu

 faire semblant que tout va

Tu montes, tu descends nonchalamment tu viens,

Ton pyjama froissé, ta chevelure hirsute,

Souvent tu t'laisses aller et

Parfois tu t'apprêtes

comme si c'était dimanche

C'est tous les jours dimanche !

Et puis aussi lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi

Les jours si  semblables  pourtant si différents

Emploi du temps jeté, horaires chamboulés

Oubliées les contraintes, rdv annulés

Tu cherches à t'occuper, à occuper le temps

Tu visionnes ou tu surfes

Le net et les séries meublent et  te divertissent

L'envie de jardiner parfois se fait sentir

desherber, tondre et pourquoi pas biner

Tailler le grand pommier, le pêcher bourgeonnants

Pause à l'ombre du parasol dans le patio bleuté

Lecture dans le hamac et sieste ensoleillée

Peinture, couture, quotidien bouleversé

Plus de virées, plus de sorties

Plus de visites, plus de cinés

Tout seuls à deux en attendant un mieux

Confinés espérant la relâche mais inquiets

Pour tous ceux qui au front, dans tous les hôpitaux

Organisent et accueillent, soignent réconfortant

Et trop souvent assistent impuissants, au départ

D'un ou d'une si éloignés des siens,

Ensachés à la hâte sans  adieu...  ni même un doux regard

Laissant sur le pavé penaud et déconfit

Un parent, un ami, un enfant, un amour

Étrange époque, bizarre virus !

 

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